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Emeric de Monteynard

 

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Emeric de Monteynard est né en 1956. S’il vit et travaille à  Paris, c’est face à la mer, en Normandie, qu’il se ressource, qu’il assemble ses mots, un par un, à haute voix, pour que ceux-ci sonnent ce qu’ils disent… pour aller loin, au cœur des choses, « avec un ton et un sens de l’essentiel. »

 

Quatre recueils ont été édités chez Eclats d'encre. Son dernier recueil "Aux arbres penchés" (L'Arbre à paroles), accompagné d'une trentaine d'illustrations de Xavier, vient de recevoir le Prix Amélie Murat 2008.

 

« J’ai communié avec Aimer, le dire. Avec Dans ce tremblé des dires, vous inaugurez.Sensualité et sensibilité, vous ouvrez une voie. Il y a en vous, une exigence, un besoin de netteté, de pureté oserais-je dire, que vous exprimez fort bien. »   Eugène Guillevic

  

Voilà des mots qui sentent effectivement et qui méritent d'être pesés.

 

Contact : contact@emericdemonteynard.fr 

 

 

Site Internet : www.emericdemonteynard.fr

 

 

 

Les 3 poèmes choisis sont extraits de Toucher les doigts du sourcier (Eclats d'encre, 2004)

 

Je voudrais que mes mots

 

 

 

Je voudrais que mes mots sentent la chair, la

sueur, les mains qui savent... Et le tumulte

des hommes

 

Je voudrais qu’ils sentent le cep de vigne et l’olivier, Bollène et La Pierre,
la lauze, le schiste… du bleu, du rose,

des mûres… et, devant, l’or des ajoncs… les genêts...

à genoux, le vent qui s’essouffle,

 

Je voudrais qu’ils sentent le soleil à l'entame du jour... le sel... l'ombre portée de l'écume en fleurs... et d’un orage, un dimanche de Pâques à La Roche,

 

Je voudrais qu’ils sentent un ventre

de femme qui se dresse,

le doigt qui le recueille et recueille sa douceur... et la violence insensée qui le tient, dans l'ovale et dans les caresses,

 

Je voudrais que mes mots sentent la chair, la sueur... la rosée que l'on boit

et le goût de la terre... de ce qui brûle, féconde, et des souffles qui emportent,

 

Je voudrais que mes mots disent... ma peur enfin, sur ta peau.

 

 

***

 

Empreindre

 

 

 

Prends

Du temps

 

– Ce qu’il te faut

 

 

Mais n’oublie pas

D’amarrer du rire

 

Sous le ventre des terres

 

D’empreindre

Du vent

 

– Pas de mots  surtout  pas de mots

 

 

Il te faudra bien trouver

De quoi rebâtir

 

Quand la lutte elle

 

Aura

Cessé.

 

***

 

papillons

 

 

 

 

Laisser sa mort

 

Lentement déshabiter

Ses yeux –

 

 

Ne plus pouvoir

Cesser de penser

Autrement qu’à une danse

 

 

 

S’ouvrir –

 

Et la peur

De ne pas l’être assez

 

 

 

Et se laisser jouir

Alors

Dans un lâcher d'oiseaux –

 

Comme un envol

De papillons

 

L’été

Dans un champ

 

 

 

Soulever son corps

 

Et ses milliers

 

Connaître enfin

Sa royauté.