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Eve Lerner

 

 

 

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Cette ancienne normalienne agrégée d’anglais est aussi un poète bilingue (Français-Anglais - majoritairement en français depuis les années 1980 -). Elle a enseigné de la maternelle à l’université et a été détachée par l’Education Nationale à Mills College, Californie de 1978 à 1981.

 

 

Traductrice, éditrice

Traduit dans les deux sens et ne traduit que de la poésie, à l’exception de Le Jugement de Dieu, pièce radiophonique d’Antonin Artaud, La Nouvelle colonie de Marivaux et de deux romans pour Bourgois et Flammarion.

- A fondé L’Autre Rive, association et petite maison d’édition, spécialisée en poésie, basée à Lorient (une quarantaine de recueils publiés depuis 2004, dont la collection La Frange Atlantique bilingue français-anglais destinée à populariser la poésie bretonne à l’extérieur de nos frontières.

- travaille actuellement sur une anthologie Lorient-Galway.

 

 

 

 

Poète

- A fondé deux séries poétiques à San Francisco, The Panjandrum Bookstore Series, avec Robyn Hunt et The Earthsign Books series. (de 1979 à 1981 ; du nom des deux librairies où les lectures avaient lieu).

- Anime des ateliers d’écriture pour tous les âges.

- Donne des conférences sur l’édition et la poésie.

- Lectures publiques de poésie dans les deux langues (France, Angleterre, USA, Pays de Galles, bientôt peut-être l’Irlande)

- Création de spectacles poésie-musique : Ce long voyage vers la lumière avec le groupe NEEJ, la violoncelliste Sylvie Bougoin et le guitariste Théo.

Nombreuses prestations poésie-musique avec la harpiste Mariannig Larc’hanteg et le groupe NEEJ.

- collabore à la revue Hopala ! (recensions littéraires et chronique Les Bretons à l’étranger.

- a produit une dizaine d’émissions de radio sur la poésie (radio internet La Compagnie des Ondes, basée à Lorient - Taper Programmes -).

 

 

 

 

Publications :

 

 Une quarantaine de recueils, en français et en anglais.

(En fait un peu moins et, de moins en moins que cela car depuis peu, certains petits recueils anciens en anglais ont été traduits et insérés dans des projets plus larges). Dont :

En anglais :

- Visual Fields, 1977

- Hearing Voices, San Francisco, 1979.

- Dream Eraser, 1980

- Trespassers Only, 1981

- In Absentia, 1981-1982

- Ab Ovo, 1982

- The Water Cycle, 1982

- Running Dogs, 1983

- The Other Shore, 1985

En français :

- Running Dogs, chez Fibres Libres, 2004

- Ping Pong, Joute de Haïku avec Gaël Prigent

- Ecrit sur le vent, 2004, chez Mona Kerloff

- Le Livre des Chimères, 2005, livre d’artiste, édition limitée, sur les particules élémentaires de l’univers, photo Myriam Ingrao, infographie, Pascale Even, pastels de couverture, Myriam Ingrao, Eve Lerner.

- J’aimerais, 2006, ibid.

- A Capella, 2006, dessins de Julie Garcia, imprimé sur papier d’abaca par Gaël Prigent, Lanvénégen.

- Dizolein (Découverte en breton), 2007, pastels de Chantal Gouesbet, L’Autre Rive éd.

- Journal de Bretagne/ Ceci n’est pas un poème, 2007, ibid, Prix 2008 de L’Association des Ecrivains Bretons.

- Singularités, 2009, ibid.

 

- Le Chant vient de plus loin que l’homme, éditions L'Autre rive, 2010. 

- Le Monde tel que je l’ai laissé, éditions L'Autre rive, 2010. 

 

 

Dans les cartons :

- production poétique : du slam, des Instantanés, et un livre en prose L’Ame chevillée au corps.

- aux éditions L’Autre Rive : Kaléidoscope du Cornet à dés de Gérard Prémel et une anthologie de poètes galloises contemporaines.

 

 

Voilà une poésie qui vit, qui est nourrie par la sang, la douceur, la tendresse. Par la fraternité des poètes. Une poésie que l'on peut abriter non seulement dans la creux de la main mais dans notre souffle le plus pur. C'est à lire, à relire et à murmurer. Cela nous accompagne, donne sens à notre marche dans le monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits de Journal de Bretagne, ceci n’est pas un poème

 

 

 

 

Gilles Baudry

 

 

Je pousserai la porte des mots

je pousserai la chansonnette

j'irai voir par moi-même

leur contrée d'origine

je retracerai leur voyage

par voie de terre et dans le temps.

 

 

J'irai trouver les racines et les branches

à chaque pas je serai émerveillé.

 

 

J'ouvrirai des fenêtres, des baies

sur tout ce qu'on a fermé au profane.

Je me laisserai porter par ce point d'orgue

qui n'en finit pas de résonner

et puis, après cette éternité

je goûterai le silence

quand il sera total.

 

 

 

 

***

Yvon Le Men

 

 

Pour celui-là aussi

la question du lieu

et la quête quand il marche

vers un ailleurs, un autre lieu,

celui du chagrin.

 

 

Remonter les rivières dans la nuit bleu-marine

ou prendre un chemin de halage

dans son cœur une rose des vents

pour l'échappée belle, histoire de voyage

pour atteindre la fin des terres

 

 

affronter la mer, sa colère

se faire l'écho de la lumière

s'enverguer de silence.

 

***

 

 

Le marais de la mémoire ancienne
- ce qui s'est passé avant la glaise -
dont la trace irrémédiablement
s'efface et s'aveugle
du va et vient des nuages

ouvre un œil qui n'est pas de la terre
fait de l'eau qui dort une eau qui rêve
ouvre un œil-étoile,
pupille tendue vers le sursis
vient saisir ce qui meurt.

Car lorsqu'il n'y a plus de frontière
dans la matière de l'univers
dans la matière à réflexion
1'œil fait place à l'oreille
pour le murmure d'une prière.

 

 

***

Hiver 2005

On rencontre parfois un être

qui tord à tel point le cou à la norme

ses fulgurances, ses errances

esprit rebelle et cœur éteint.

 

 

On entre dans sa folie, le dédale

de ses envies, pour simplement

admettre une attirance pour

des choses si contraires

 

 

aimer un autre tellement autre

que le même s'y perd

et se retrouve là où

on ne l'attend pas

 

 

ou juste ménager

quelques îlots de résistance

conserver le feu qui brûle

sous les paupières et dans nos livres,

 

 

parce que j'avais envie

de jeter aux orties

les rideaux de larmes

les voiles du veuvage

et que chacun de nous avait entrepris

de combattre la barbarie

 

 

parce qu'avec lui, j'étais vraiment

aimante, infante, résiliente,

et nous avons connu la richesse des heures

parce que je ne savais rien de lui

qu'il m'enrobait de chaleur

 

 

parce qu'il a le courage de la caverne

du labyrinthe et du voyage

qu'il m'englobe sans me réduire

il me donnait des ailes

le champ des possibles semblait immense

 

 

celles de l'être et de l'écrire

parce que ses mots caressent

l'intérieur de mon ventre

parce que sans lui, le temps

est un suaire où suintent

les larmes et la sueur

 

 

parce qu'il a fait couler

quelques perles de miel

dans les affres rugueuses

de la vie, parce qu'avec lui

le réel devient nectar

celui des mots que l'on boit

 

 

parce que l'oreille s'émerveille

qu'il m'a sortie de l'oubli de soi

où j'étais tombée, m'a ramenée

à la vie, parce qu'il nourrit les jours

calme les nuits et qu'à nouveau

je viens au monde,

 

 

parce que l'heure était au don de soi

au partage des splendeurs

ses yeux, ses mains, son âge

à la caresse du songe

parce que j'avais cru que les astres

allaient veiller sur nous.

 

 

***

 

 

Avec soin, j'ai exploré le fond noir de mon ombre

j'ai observé les œuvres de lumière

qui parfois sortent de moi.

 

 

J'ai regardé les choses que je n'avais pas bien faites

les infractions à la bienveillance,

les manquements à la grâce.

 

 

J'ai constaté que je n'avais pas démérité

dans la tourmente, je garde en moi

ce trou laissé par ceux qui disparaissent sans raison.

 

 

Et malgré tout, je n'ai pas réussi à fermer l'œil

de la nuit.

 

 

 

 

***

En l'absence de paysage

des pendules carnivores des sabliers placides

et sûrs de leur fait sèment la terreur

sur la planète et dans nos têtes.

 

 

Les voiles de veuve poissent comme de la glu

tandis qu'une colonie de xylophages

creusent des galeries qui. nous éboulent.

 

 

Les ouragans font voler les mégalopoles

en éclats, déversent des eaux pestilentielles

le feu dévore l'œuvre des siècles.

 

 

De l'ordre, le chaos n'a fait qu'une bouchée

j'ai avalé le chaos, j'ai perdu

la mémoire des origines

 

 

l'iris à la renverse et sans étoiles

je suis devenue virtuelle

dérive, enclave, coulée, je suis devenue

aussi ténue qu'une tête d'épingle

 

 

une sphère de silence flotte sur la mer

 

 

je suis devenue

une île dans la ville.

 

 

***

 

 

Dans une île du temps

devenue continent

la seule certitude qui survive

 

 

toutes choses en suspens

dans l'attente infinie

et l'évidence

 

 

que je ne suis rien ni personne,

juste un lieu de passage,

où transitent parfois

 

 

un vol d'images ou de langage,

je vais là où me poussent les mots

parfois je m'égare dans leurs filets

 

 

parfois j'ai hâte d'en finir

avec ces navettes de folie

qui me réveillent la nuit.

 

 

***

Il reste si peu de temps

pour guérir des blessures, des tourments

par le silence et par les fleurs

faire naître un autre monde un autre enfant

 

 

un autre monde, un autre moi

faire basculer la terre, l'âme

vers d'autres fins, vers d'autres temps

où sauver un arbre serait un événement

 

 

le temps, on l'a galvaudé, harassé, aliéné

exploité, vendu, volé - un monde où

parler vrai et agir juste nous donneraient

l'énergie pure du recommencement

 

 

Naître de la biche fauve

et du loup bleu

de la steppe infranchissable

 

 

naître pour courir, grandir, danser

souffler la vie, loin des fins dernières,

vivre au dehors avec un paysage intelligent

 

 

naître près d'un cours d'eau

loin de l'entropie galopante,

autant de fois qu'il le faut

 

 

et ne faire que ça.

 

 

***

 

 

Extraits de Singularités

 

 

Prologue

 

 

 

 

Je n'écris pas
je mets en mémoire
la brûlure, la douleur du couperet
les piles de crânes empilés

par des bourreaux obsolètes

je n'écris pas, je laisse le monde

envahir les interstices de mon corps

 

 

Je n'écris pas
je pars comme une flèche
vers l'inexploré, je laisse la musique
émerger d'un puits obscur
j'explique les fleurs, les arbres, les flots
je plonge dans les fissures des êtres
je vogue sur les mots.

 

 

Je n'écris pas
je façonne des rêves qui luisent
comme des charbons ardents
qui se propagent et volent à la vitesse de la lumière
je sème des archipels
je laisse parfois une légère encoche
sur votre âme.

 

 

Je pointe mon doigt sur le tyran
je nomme ses crimes

je hurle à la lune
une fois le tyran parti

je redeviens douceur je murmure un paysage

vous pourriez m'abriter

dans le creux de votre main

 

 

***

 

 

Je marche la tête vide

à travers la sécheresse du jour:

aucun bois virginal en vue

seule la lumière crue et la poussière.

 

 

Le désert me tient par le bras

sinon avec les flèches

 

 

que j'ai dans le dos

je tomberais dans le grand rien.

 

 

***

 

 

 

 

Résumé

 

 

La seule raison qui fait

que le réel et le langage s'accolent

c'est le fait que j'établis

les liens qui les unissent

et que seul un voyage de l'imaginaire

parvient à nouer.

Alors il nous faut sans cesse

retraverser nos rêves.