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Louis Bertholom

 

Photo Louis

 

Le poète Louis Bertholom est né en 1955à Fouesnant (Finistère, Bretagne, France). Il est issu d'une très ancienne lignée paternelle et maternelle de paysans. Il vit à Quimper (Finistère, Bretagne). Il a grandi dans la ferme familiale jusqu'à l'âge adulte. Il voue un attachement viscéral à la sphère paysanne et sa langue ancestrale. Autodidacte, Son œuvre porte le sceau de son pays profond, la Bretagne très largement ouverte au monde afin de ne pas tomber dans les clichés du romantisme nostalgique et des folklores outranciers.

Il a publié une dizaine d'ouvrages de poésie dont Les Ronces bleue ( éditions Blanc Silex, 1998), salué par les critiques littéraires. Il a aussi dirigé un collectif publié sous le titre Glenmor, terre insoumise aux yeux de mer (Blanc Silex 1997) afin de rendre hommage au grand barde disparu, emblématique de la renaissance culturelle bretonne de la deuxième moitié du XXème siècle. A publié un récit autobiographique Le Rivage du Cidre (Blanc Silex, 2002). Il figure dans une quinzaine d'anthologies de poésie et d'artistes scéniques (France et étranger). Il vient de publier Amerika blues avec un hommage à Jack Kerouac.

Il a enregistré en studio le CD Ma seule Terre avec 12 musiciens professionnels. L'originalité de ce disque fut saluée par la presse spécialisée. En 2008 il enregistre et publie le CD-DVD Vents solaires avec 15 musiciens de haut niveau dont quelques pointures du jazz. Il obtient pour ce disque un « Coup de cœur » du Grand Prix du Disque du Télégramme. Il est également récitant du spectacle et du CD La légende de la Ville D'Ys (Keltia Musique) de Pascal Rode avec l'ensemble instrumental Lyrzhin.

Homme de scène depuis 1979 (alors chanteur de rock). Donne des récitals de poésie avec des musiciens depuis 1995.

Dernière création sonore : Vents solaires en sextet jazz au festival Menez-Hom-Jazz (Finistère) le 26 juin 2009.

A participé à des festivals internationaux au Québec, au Bénin, en République Tchèque, à Paris, dans le Jura...

Dans une démarche proche du bardisme, Louis Bertholom trouve son inspiration sur le dehors, le nomadisme, la métamorphose et le devenir, conscient qu'une Bretagne qui doit vivre doit aussi être terre de modernité et d'ouverture.

 

Livres :

Poussière d'Ombres. Éditions Blanc Silex, 1995. Poésies. Illustré par des dessins de Malo. 72 pages. Épuisé.

Les Ronces bleues. Éditions Blanc Silex, 1998. Poème. Préface de Gil Refloch. 104 pages. Épuisé. En attente de réédition.

Les Îles internes. Éditions Cahiers Blanc Silex, 2000. Poème. Illustré par Youenn Gwernig. 24 pages. Bilingue Français­Breton, traduction de Claire Sauvaget.

Le Rivage du Cidre. Éditions Blanc Silex, 2002. Récit. Illustré par Claude Huart. 128 pages.

Aval Glas. Éditions Boijerie, 1996. Poésie. Livre d'artiste. Sérigraphies, conception de Jean Loup Le Cuff.

Glenmor, terre insoumise aux yeux de mer. Éditions Blanc Silex, 1997. Collectif en co-direction avec Bruno Geneste. 144 pages. Dessins de Jean Loup Le Cuff, photos de Yves Quentel.

Pèlerin de l'infini. Éditions Encres Vives, décembre 2006 ( 341 ème ). Poème. 16 pages.

Infinisterres. Les Éditions Sauvages, 2007. Poésies. Interprétations picturales de Marc Bernol. 112 pages.

Proue. Édition Atelier de Villemorge, 2008. Poème, livre d'artiste. Illustré par Jacky Essirard.

Amérika Blues, . Les Éditions Sauvages, 2009, 68 pages.

Le Magnifique. Édition Atelier de Villemorge, 2009. Poème. Livre d’artiste. Illustré par Jean-Guy Rousseau.

Bréviaire de sel. Éditions L’Atelier de Groutel, 2011. Collection « Choisi » n° 15. Poème. 44 pages typographiées. Avant-lire : Jean-François Hémery/Jacques Renou.

Bréviaire de sel. Édition originale, 2011. Livre d’artiste du plasticien Michel Remaud. Fragments choisis du texte intégral.

 

Disques :

Ma seule Terre, CD, Aval avel prod. 2004, distribution Sobridis Musiques. Compos : Manchec/ Penven/ Bouchaud. Livret : 16 pages, dessins : Jean Loup Le Cuff. Photos : Yvan Buhannic.

Vents solaires, CD-DVD. Éditions d'artistes/Aval avel prod. 2008, distribution Keltia Musique. Compos Manchec/ Penven/ Seznec/ Kervran. Film DVD de Pol Le Meur. Coffret avec livret : 14 pages.

Participation

La légende de la ville d'Ys, CD. Pascal Rode et l'ensemble Lirzhin. Keltia Musique, 2005. Participation comme récitant.

 

Voilà qui parle, voilà qui crie, voilà qui chante. L’amour, la générosité et donc la révolte aussi. Rien ici d’apprêté, cela sort des tripes d’un autodidacte qui n’a cure des écoles, des clans, des salons ou des académies. Et c’est tant mieux ! Il y a là une vraie parole simplement accordée aux éléments et au souffle intérieur, mêlée de la terre du pays quand « le ciel et l’eau/ savent d’inutiles fatigues ». Dans cette profusion des adjectifs qu’il ose comme personne, j’y vois, sur les rivages qu’il fréquente assidûment ou sur les traces de Woodie Guthrie ou des poètes de la Beat Generation, quelque chose de proprement romantique même si Louis semble désavouer ce terme. Et puis il faut entendre sa voix aussi rocailleuse que le sol breton et qui ne fait qu’une avec les mots ! Une voix qui vient de très loin et nous porte très haut.

 

Contact : louisbertholom@yahoo.fr

http://www.myspace.com/louisbertholom

 

Extraits d'Infinisterres (éditions sauvages, collection Askell, 2007)

 

Leslèvresdesel

 

Des griffes minérales

sorties des tapis de mousse

défient le temps.

 

Le chant des vaguelettes

couvre le silence immuable

de la pierre,

masque l'éternité,

embrasse l'éphémère,

tout se dit dans l'écume.

 

Le ciel et l'eau

savent d'inutiles fatigues.

 

Des aspérités offertes

d'anciens tourments

aiguisent la pensée

qu'accompagnent

la litanie des fougères

et l'exclamation des mouettes.

 

Tout se donne sans le vouloir

dans un langage

brouillé par le vent.

 

Le promontoire interroge l'horizon

de ses tortures

dont on ne sait

ni la distance ni le désir.

 

Le continent vient ici

s'abreuver

du sang des autres terres

de ses langues de laminaires.

 

Des paroles mystérieuses

s'échangent,

le secret est le même partout.

 

Nous ne percevons que

la rumeur des mots

inscrits dans le sel

et la mémoire volubile

des déferlements.

 

Tout semble vouloir

se détacher et se rattacher

au corps et à l'absence.

 

Rochers inversés dans le ciel,

orage,

la mer fait ses yeux noirs,

je dérange son étreinte

avec les récifs.

 

Fontaine Saint Mathieu,

un lézard pénètre

l'esprit du lieu

confié à la dune.

 

Un mur protège la chapelle

Saint They

de l'irrationnel souffle océanique,

quels cieux

voulait-elle dompter,

sa liturgie éteinte

en porte close ?

 

Murets de pierres sèches,

catacombes des brises

au bord de la fin du monde.

 

Je me rassure de la permanence

de la bruyère

et ses reflets d'ardoise

comme si je quittais

la mort.

 

Cueilli le 28 août 2006 à la Pointe du Van,

Cleden Cap Sirun, Finistère.

 

 ***

Les noces du ciel et de la terre

 

L’air, le feu, l’eau et la terre est notre aire

de danse maintenant...

Gary Snyder

 

Comme une dentelle transparente

brodée de sel et d'iode

Je devine le voile du vent

et sa soif d'infinies voluptés

aux plaintes lentes d'automne.

 

De son souffle cunnilingue

effleurant le duvet clair

les dunes s'asservissent

à des possessions millénaires

assoiffées d'haleines inquisitrices.

 

Ici Même s’élabore la blessure

Et le dialogue fougueux

que l’on devine chargé

d'agonie et de lyrisme

dans des complicités ancestrales.

 

Par le frisson délavé de l'oyat

j'atteins comme une déraison

qui me rappelle un oiseau brisé

s'époumonant sur le fil de sa vie

pour hurler la trahison du vent.

 

Le vent n'est que la gamme des plaintes

il instrumente l'océan

sur la marge de l'estran

il élance sa symphonie

écrite de milliards d'ailes.

 

Il se travestit en se riant

de la nuit comme du jour

parfois il s'endort d'une clémence

qui lui accorde un mutisme de soie

dans lequel chuchote son esprit.

 

Il se grime selon ses voyages

de ses amours sahariennes

aux caresses immaculées de l'Arctique

il brasse inlassablement sa potion céleste

se jouant de nos futilités larmoyantes.

 

De son sexe tornadien

il semble copuler le sol

parsemé de nos dérisions

laissant au repos un lit de gravats

pour les noces du ciel et de la terre.

 

***

 

 

 

La source du temps

 

Silence, le plus digne hommage !

Quel tumulte d'amour emplit jamais le très profond silence ?...

Victor Segalen

 

Dans les jazz du vent

arborer un nouveau langage

en écho du silence.

 

De la vacuité

plein les godasses,

suivre le chant

qu'offre l'ombre

à fleur de peau.

 

Remuer au plus profond de soi

la légende

sous l'écorce.

Déventer

la fauvette de l'air.

 

À la source du temps

se décoller du visible.

 

Visiter les songes

jusqu'à plus soif

de l'essence.

 

Saisir par l'œil

les combustions translucides

que seules des rumeurs

nourrissent.

 

Le sanctuaire au goût huîtrier

de la parole

saisira l'alphabet

de la genèse

comme l'incantation

d'une pureté à venir...

 

***

 

 

Ma seule terre

Ma marche tonnait la solitude sur les pierres

Xavier Grall

 

Bretagne englobe, charpente, écartèle,

invite à la transcendance.

Talus de doigts convulsés vers le ciel lourd

attise les âmes dans le cœur ouvert des souches

 

Breizh a genstroll, a framm, a zispenn,

a bed d'an trehont.

Kleuziadoù bizied gliziennek war zu un oabl pounner

o vroudaň an eneoù e kalon digor ar skozoù.

 

Je crois déchiffrer ma terre,

par mimétisme je ne suis qu'argile

de mélancolie aux saisons tourmentées

de pierres mornes.

Je voudrais maîtriser et ne fais qu’obéir.

 

Kavout a ra dezhaň lenn e zouar ?

ha ne drevez nemet ar pri melkonius

diouzh mareoù froudennus ar mein trist.

Fellout a ra dezhaň

mestroniaň ha ne ra nemet sentiň.

 

J'aime ce pays qui m'échappe.

Par son essence se diluent mes sédiments

vers cette inconnaissable infinitude.

 

Karaout a ra ar vro-maň o vont digantaň.

Dre ouenn e tileizh e lec'hidadoù

davet an digenvez dianavez-se.

 

Profondément d'ici je suis de partout,

chiendent en apesanteur sirotant des vents d'iode.

 

Sanket amaň eo deus pep lec'h,

kagn dibouez o klukaň avelioù iodek.

 

Nature éternelle

je te répète inlassablement des il y a,

échos nomades des Monts d'Arrée.

 

Natur beurbadel

dezhi e adlavar difaezh bez a zo,

heklev kantreus ar Menez Are.

 

Terre divinisée ou je scande des silences d'or

aux aurores réveillant l'améthyste.

 

Douar doueet lec'h ma hedata tavioù prizius

da darzhioù-deiz o tihuniň ar glas-ruz.

 

Glèbe primordiale

que j'implore en battant campagne

dans l'ondulation des mers jaunes.

 

Glad kentaň

a asped en ur foetaň bro

dre houlennad ar morioù melen.

 

Perdues parmi les haillons de landes

aux boutons d'ajoncs,

les cheminées du crépuscule,

comme manches levées de l'au-delà,

élèvent et tracent des points d'exclamation

sur les brumes bleues, les tissus de la nuit.

 

Kollet e-kreiz pilhoù al lann

en e vroňs,

siminalioù ar c'huzh-heol,

evel brec'hioù astennet ar bed-hont,

a sav hag a zres pikoù estlammaň

war ar vrumenn c'hlas, daňvez an noz.

 

Alors que les troupeaux s'apaisent

je deviens un albatros de nulle part

et ma seule terre

est celle que je ne connais pas.

 

Pa sioula an tropelladoù

ez a da amiral eus neblec'h

hag e zouar nemetaň

a zo an hini n'anavez ket.

 

***

 

 

 

Extraits d'Amerika Blues (éditions Sauvages, collection Askell, 2009)

 

Chorus ultime

 

 

Tu as chopé le monde

De Greenwich Village

Sacs plastiques

Dos courbés

À l'angle vert d'une rue

Près du mur, du mur droit

Tous ces gens pressés

Ils déambulent vers

               leur mort

Tu as soufflé

Un nuage de Songes

Sur le bitume

Rugueux, rugueux

A écouter les nouvelles

Dans la flaque

Ton visage

Et le chorus

Des milliers de flaques

Des milliers de chorus

Tu as dit

Le son me fracasse

Marcher, marcher

Dans Greenwich Village

 

Retourner le temps

Tempo

Sous le blues du ciel

Alors, alors Jack

Tu as toussé *

Fort, fort

Dans l'espace

Infini...

 

***

  

Ta machine n'a pas fini
de tuer les fascistes

 

 

Sur sa guitare était inscrit

Cette machine tue les fascistes.

Protest-singer et barde US

de la révolution ouvrière,

progressiste folkloriste,

caressant la terre,

de ses ballades syndicalistes,

blues au vent

dans les trains de marchandises.

Flamber était ma nature

l'errance est dans mon jeu (sic)

Chanter en marchant

pour une justice sociale,

au prix de quelques tabassages.

 

Il a usé ses cordes

dans la poussière et la sueur,

pour l'éveil des consciences.

Chantre subversif de la gloire domestique,

précurseur écologiste,

dans le cauchemar américain.

 

Rambling boy, poor boy

péquenot-western chez RCA,

faisant fi des censures,

ta revanche Woody, *

cette résistance en marche

face à l'idéologie dominante

sur La Route de la Gloire

vers l'infini du dehors,

la terre de personne.

 

Chef de file du Hootenany

au goût de paille et de liberté,

souffleur à l'harmonica scintillant

sous la pluie californienne

de l'émotion collective

au bout de la Route 66

dont tu étais le pré-beatnik,

maigre et souriant

marchant vers la lumière.

 

Pâtre des souffrances,

ton talking blues

a seringué fermes et usines

de Baltimore â Washington

de ses rythmes ferroviaires.

 

Tu n'as pas volé

une once d'air pur

à ce monde de carriéristes,

de fossoyeurs de poésie.

 

Woody Guthrie,

ta machine n'a pas fini

de tuer les fascistes

sur les chemins incandescents.