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Marilyse LEROUX est née le 7 juillet 1955 à Vannes dans le Morbihan. Après une enfance passée à Arradon sur les bords du golfe, elle est devenue professeur de lettres classiques en collège où elle a enseigné pendant 35 ans. Elle vit aujourd'hui à la campagne, à Sulniac, parmi la verdure et les chants d’oiseaux, et consacre désormais tout son temps libre à l’écriture et à la lecture. La poésie est son véritable moteur, son « noyau de braise ».

Animatrice d'ateliers d'écriture en poésie, elle fait écrire de nombreux jeunes et d’adultes au sein d'ateliers où elle donne à lire des poètes contemporains avec lesquels elle a tissé des liens d'amitié et de complicité. De ces ateliers sont nés quantité de poèmes, de recueils, de correspondances, avec le soutien fidèle et chaleureux de poètes tels que Guillevic, Hélène Cadou, Gérard le Gouic, Bernard Lorraine, Lorand Gaspar, Marie-Claire Bancquart, Andrée Chédid, Yves Bonnefoy, Armand Monjo, Joël Sadeler, Heather Dohollau, Lucie Guillevic, etc.   

Marilyse Leroux cherche d'abord à faire vivre la poésie par de multiples moyens. 

Membre de l'Association poétique Donner à Voir.

 

Sa devise : " Poésie pour mieux vivre ".

 

Auteur, elle a publié en recueils, en revues et dans plusieurs anthologies.

Elle explore parallèlement trois voies d’écriture :

- une expression intimiste liée aux sensations et à leur résonance intérieure comme dans son premier recueil Herbes (Editions Donner à Voir, 1995) puis dans Grains de lumière (Editions L’épi de seigle, 1999), Le fil des jours (Donner à Voir 2007),  Le temps d’ici (recueil inédit, extraits publiés dans Poètes de Bretagne,éditions de la Table Ronde 2008) et  Quelques roses pour ton jardin, Atelier de Groutel 2011, collection « Choisi ».

 

- une expression ludique, humoristique, tournée vers les plus jeunes, comme dans Poèmes à tout faire, L’alphabête ou La poule aux mots ou en direction de tous les âges comme Petites coupures et tout dernièrement un recueil de perles langagières Souriez, vous êtes orthographié !

 

- enfin une expression festive, avec l'écriture de chansons dans le style populaire traditionnel ou dans une veine plus intimiste. Elle cherche actuellement des compositeurs-interprètes pouvant mettre en musique ses textes. Avis aux amateurs !

 

Contact : marilyse.des.vallons@orange.fr

 

" C'est la poésie de l'instant, du point du jour, de ces chemins qui parlent de l'enfance et qui, souvent, y ramènent. Poésie de l'âme émue sans qu'il y soit fait allusion ;  du cœur dans la modestie de ses battements ; de l’esprit surprenant les choses dans leur pureté première. Ici l’œil écoute comme le voulait Claudel et l'oreille frissonne entre signes et silence. "

Charles Le Quintrec, Poètes de Bretagne, La Table Ronde

 

 

J'ai commencé à correspondre avec Marilyse il y a déjà quelques années. Elle m'était envoyée par Marie-Josée Christien et voilà une recommandation qui vous rend attentif. Pourtant l'heure était à la douleur puisque René Rougerie venait de nous jouer son dernier tour, le plus terrible. C'est dans cette douleur que j'ai donc reçu les premiers mots de Marilyse qui a depuis rejoint la belle équipe de Jacques Renou à l'atelier de Groutel où elle a posé quelques roses. Elle m'envoyait les mots les plus justes au sujet de René qu'elle n'avait pas pourtant pas connu :

« La parole poétique lutte contre le mercantilisme, la marchandisation des âmes et des corps, la gabegie généralisée, la dilution, la haine : la mémoire vivante de René Rougerie nous entraîne à la résistance. C'est un appel, une porte grand ouverte avec pour seule arme un modeste coupe-papier... » (voir page "Hommage à René Rougerie" sur le blog "les invités de Guy Allix". 

Et ces mots-là ont pu me donner un peu de force pour lutter contre la douleur et contre l'ignoble qui me harcèle depuis tant de temps. 

 

 

 

 

POEMES INEDITS : LE TEMPS D'ICI

 

 

 

 

Mané-Véchen, rivière d'Étel

Tout le paysage

maintenant se recueille

replié sur lui-même

comme sur la perfection d'un moment

 

 

Le regard file le long du rivage

pour mieux saisir le secret

qui s'y cache

 

 

C'est l'heure

entre deux mondes

où toute chose

retourne à son origine

 

 

Déjà

la mer a rendu ses couleurs

à la nuit qui vient

 

 

Une grande paix

nous traverse l'âme

 

 

Nous nous en allons

la solitude à l'épaule

confiants dans ce qui dure.

 (Mai 2007)

 

 

***

 

 

Belle-Ile en Mer, Les aiguilles de Port Coton.

On peut rêver

- minuscule -

d'un infini à sa portée

 

 

Croire l'eau

bien plus forte que le roc

Et dans le même instant

se sentir comme un oiseau

replié dans ses plumes

 

 

Protégé contre l'à-pic

du monde.

 (Juin 2008)

 

 

***

 

 

A Charles Le Quintrec

 

L'amour n'a pas d'âge :

il court d'une aube à l'autre

sans rien qui le retienne

 

il sait les peines et les joies

qui cousent les deux bords

de la vie

 

 

Ses feux d'herbes

le long de nos routes

sont une seule et même lumière

 

 

Son secret est sa confiance

souffle épars ou cœur suspendu

 

 

Notre amour n'a pas d'âge :

il est l'horizon de ce qui vient.

 (Mai 2008)

***

Des mains se pressent

à l'appel du jour

 

 

Font trembler le ciel

jusqu'à la pleine lumière

 

 

Et la terre se teinte

du mouvement de leur ombre

 

 

Nul ne sait

si s'unissent leurs couleurs

dans la nuit

 

 

Toujours

la lumière fuit

dans les lieux sans réponse

Grains de lumière

 

 

***

Fermons les yeux

 

 

La nuit glisse en nous

comme une étoffe

 

 

Le sang reflue dans ses veines

lentement - sûrement -

 

 

Les lignes se confondent

aux yeux du passeur

 

 

Le songe multiplie ses graines

à l'abri de l'autre monde

 

Et le temps s'accroît

d'un infini silence

 

 

Grains de lumière

 

 

***

Tu aimes cet instant

où s'ouvre pour toi

l'espace d'un jardin

 

 

Et cette montée de l'herbe

à tes pieds

comme un appel de la lumière

 

 

Ta tête est dans l'air

parmi les feuillages

 

 

Leur souffle te mène

où tu ne sais aller

 

 

Grains de lumière

***

Pas à pas

entre les pierres

la trace oblique

d'un rayon

 

 

Juste un trait

dans la lumière

 

 

Où nous allons

ne porte pas de nom

 

 

Grains de lumière

***

 

Nous sommes de ce pays d'ici

aux terres bleues dévorantes

 

 

De ce rêve sans âge

qui court sur la face nue des pierres

 

 

De cette ombre toujours neuve

à l'avant du jour

 

 

Nous sommes de ce pays d'ici

 

 

Nos chemins sont nos racines

nos pas herbes vivantes

offertes à la magie de l'air

pour une simple fleur

de sang.

Le Temps d'ici