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Pierre Dhainaut

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Né en 1935 à Lille. Vit à Dunkerque. A écrit sur Bernard Noël et Jean Malrieu. Ses premiers poèmes ont paru dans des revues surréalistes (il fréquenta un instant Breton).

A lire notamment dans une bibliographie très vaste :

Dans la lumière inachevée, Mercure de France

Le don des souffles, Rougerie. 

 

 

A l'heure des horribles faiseurs et contre leurs cuistreries infectes, je tiens Pierre Dhainaut comme un des plus purs et des plus vrais poètes. Je pose ses poèmes et la générosité de son écriture comme un rempart contre la crétinisation. Nul besoin de commentaires superflus. Cela suffit.

 

  Pour faire plus ample connaissance Pierre Dhainaut voir le lien suivant, interview de l'auteur par Dominique Sampiero pour le Matricule des anges :

 

http://www.lmda.net/mat/MAT00517.html

 

voir enfin et surtout ce site entièrement consacré à Pierre :

 

http://pierredhainaut.blogspot.com

 

 

 


 Extraits de Passion du précaire, édition Vents de terre, Humanisme et culture, 2007

 

 

 

Voir, disions-nous, c'était là-bas
que l'horizon s'arrache
à l'horizon : peut-être, de crête
en crête, de plage en plage,
avons-nous poursuivi seulement
ce rêve où l'on n'attend pas
que l'ombre se déplace
au pied des arbres, que la roche
se disloque, résonne,
que le sable se mêle aux empreintes,
puis l'écume, peut-être
voir au-delà sans cesse,
nous éblouir, n'avons-nous fait

que fuir, nous ne sommes que nous

 

.

***

 



Désormais terre,
et nous insistons, terre noire,
épaisse, qu'invoquons-nous ainsi ?
un rêve encore, cependant à force,
en le répétant, ce mot,
nous pressentons qu'il veut plus que les autres,
que nous prenions la peine,
le temps, de le porter dans notre chair.

 

 

 



***

 

 

 



Non, les enfants
ne nous ont pas quittés,
à qui nous lisions ces histoires
qu'ils connaissaient par cœur,
jamais ils ne voulaient
qu'elles s'achèvent, jamais
ils n'entendaient la dernière page,
ils s'abandonnaient
au sommeil en confiance

 

.


***

 



Quelles que soient les chambres,
rien ne se ferme, nous avons l'âge
toujours d'accueillir, de suivre
les mots qui refusent
d'être à l'écart, et pour eux, grâce à eux,
la nuit sera moins
lourde, moins froide, la fidèle,
la profonde, à l'image des fruits
ou de la plaine, elle y fécondera
ce que nous appelons une aube,
elle fera que l'inconnu déborde.

 

 

 



***

 

 

 




Visage, dire visage au lieu d'obstacle,
les gestes étaient prêts
de la tendresse immémoriale,
ils n'ont besoin que de mots qui allègent,
même celui de mort,
pourquoi serait-ce une exception ?
pas un n'a l'orgueil de se croire unique,
définitif : phrase après phrase,
caresse après caresse, des lèvres
se devinent, une haleine
en émane, déjà presque un murmure.