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Sylvie Durbec

 

 

sylvie Durbec

 

 

Sylvie Durbec est née à Marseille en 1952. Fait ses études à Aix en Provence, loin de la mer. Devient professeur de lettres et mère de quatre garçons. Ecrit de la poésie, regarde le temps qu’il fait, prend patience. Sylvie Durbec a publié de nombreux poèmes en revue depuis 1995 (Po§sie, revue Bleue etc.). Ainsi que des recueils Chez Cousu Main.

A publié aussi des récits (L’Apprentissage du détachement, aux éditions Fayard) et  deux romans (Un été de Reine en Finlande et Un bon indien est un indien mort chez Fayard) et écrit des pièces de théâtre (Prix d’écriture théâtrale de la médiathèque d’Aix en Provence pour Balade du vieux marin et de Nausicaa dans le port de Marseille en 2002). Si l’on ajoute que Sylvie écrit aussi des chansons, a participé à l’écriture d’un spectacle de marionnettes, a animé des ateliers d’écriture, a participé à de nombreuses rencontres à l’étranger (notamment en Finlande), a publié des albums jeunesse (éditions Grandir), qu’elle publie en août 2008 un ensemble de textes en hommage à W.G.Sebald (écrivain allemand dont l’œuvre a nourri ses réflexions sur l’écriture et la mémoire) etc. on commence à être à bout de souffle. Et pourtant ce n’est pas fini, maintenant, comme nous l’apprend Le monde du 14 août 2008, Sylvie après un grave accident en 2006, s’est retirée de l’enseignement et elle est maintenant « libraire au milieu des champs » près d’Avignon, dans un vieux moulin qu’elle habite avec son mari. Elle y défend les « petits » éditeurs (petits par la diffusion mais grands par l’exigence) : Rougerie, Dumerchez, Brémond etc. Une noble entreprise !

Elle dit joliment à ce sujet :  

« Les livres m'ont sauvée... Quand on est cloué au lit pendant plusieurs semaines à souffrir le martyre, même si on est très entouré, on est au fond très seul. Car pour les autres - et c'est normal - la vie continue. Dans des moments pareils, on se rend compte qu'il n'y a que la lecture pour habiter cette solitude. » (Le Monde 14 août 2008).

 Sylvie Durbec Vient d'obtenir le Prix Jean Follain de la ville de Saint-Lô.

 

Sylvie Durbec peut faire une poésie à fleur de terre près de ce "petit peuple végétal" comme elle le dit ailleurs. Il y a parfois dans ses vers quelque chose qui touche à l'oxymore sans doute, quelque chose d'éminemment humble au sens le plus étymologique de ce dernier terme. "Il y peu à dire" reprend-elle après Antoine Emaz, et c'est, ô combien, vrai et c'est l'honneur des poètes d'oser affronter et de dire ce peu. 

 

 

Contact : durbec.sylvie@orange.fr

 

 

Entrer dans le temps du végétal, être avec l’acacia ou le platane,
vivre lent, repose.
Antoine Emaz, Lichen, lichen




 


verte et grise dure aussi et qui
puis l’éboulis
je le vois sous l’averse
devenir presque noir

plus tard
attablé sur la terre
au plus bas creusant
pour tous les gisants
une couronne de boue

brune et grise dure aussi et qui
puis la pluie
je la vois s’élancer seule
et qui disparaît dans l’arbre
sans lui sans rien que
plus tard épineux autour
puis l’éboulis de son corps
fait
une couronne de racines
invité à la fête des morts
sans que
plus tard et grise et fine
puis une nuit puis deux puis
l’éboulis rendu au vif désert
petits pas glissés eux qui
plus tard
encore verte et grise aussi
sans lui plus tard sang qui
on parle de l’éboulis
pluie aussi et un peu nuit
tombé chuté rougi
brune et dure et verte
puis rose
puis plus tard
qui
meurt
l’herbe du jardin vert
sous
la
neige
du
soir
noire

 

****


Il y a peu à dire
Antoine Emaz

 

 




de ce PEU que faire
un feu ?
de ce peu à dire
mais donné à lire
que faire
du bleu


de ce PEU sur la page
de ce peu dans la marge
écrit de peu à peu
en puis à puis
sans appui
seule

dire
le bleu
de ce si petit peu
où pleut
un pays
où le lit
touche
le ciel
et c’est lui
le bleu
et le ciel
lui
est sa nuit