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AHMED EL INANI

 

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 Né en 1950 à proximité de l’océan atlantique et n’ayant jamais appris à nager Ahmed EL INANI a choisi la poésie comme bouée de sauvetage.

Il a publié ses premiers poèmes vers la fin de l’année 1976 sur la page qu’un journal marocain consacrait aux jeunes poètes en herbe.

À deux ans de la retraite, il ne cesse d’arpenter les longs sentiers de la poésie. 

Ne cherchez pas Ahmed (qui est professeur de Français dans son pays) dans des recueils ou des anthologies. On trouve ses poèmes uniquement sur Internet, dans quelques sites dont celui-ci désormais.

 

J'ai rencontré l'homme à Meknès lors d'une intervention à l'institut Français en 2004. Il est franc et chaleureux comme sa poésie. Une belle candeur et une vraie générosité loin de nos petis vaniteux sans valeur.

 



Aimer la poésie

 



Aimer la poésie
Aimer le mot bourgeon
Aimer le mot germant
Sans cesse à travers de vastes prés verts
Aimer les vers en gestation
Et partir en quête de belles images à venir
Chevaucher les termes éthérés
être à cheval entre l'arc en ciel les idées vierges
Et l'horizon de spacieux songes
Partir partir avec comme seul viatique le poème...

 

 

 

 

 

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Baume de thym

 



Aux barreaux de ma persienne
Un rossignol s'est agrippé ce matin
Dans un oeil il avait un genêt
Dans l'autre une tige de thym
Sur les doigts des mots furtifs
Je me suis approché des barreaux
Pour mieux voir le volatile
Aux barreaux il n’y avait plus
Que les relents subtils
Du baume fugace de thym

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Course vaine

 



Dans tes veines
Constamment
Dégouline
Course vaine
A perdre haleine
Vers la tombe
Tu chemines
Chaque instant
Les gouttes de ton sang
Une à une
Dans le désert
De la vie déclinent

 

 

 

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Hymne à l'amitié

 

Mon ami,
La voix de mes mots,
L'âme de mon corps,
Mon cœur battant.

Un jour sans doute
La paix nous réunira.
Un jour peut-être
Notre soif de paix
Prendra fin.

Un jour, mon ami,
La lumière de mes yeux,
L'air de mes poumons,
La sève de mes veines,

Un jour, probablement,
Sous un vrai arbre vert
Nous chanterons,
Nous siroterons des verres
De thé, de lait ou de vodka.
Nous danserons l'ahidous,
Le jebli ou la polka,

Un jour, mon ami,
Nous parlerons toutes les langues,
Nous détruirons toutes les frontières.
La Terre sera la nôtre,
L'air sera le nôtre.
Nous sourirons à l'unisson,
Nous balayerons le monde
Des haines qui y sévissent.

Un jour, mon ami,
La poésie fusera de partout
Et nos enfants
Gambaderont sans souci
Sous un ciel serein;
Un ciel où pas un son
Belliqueux ne sonnera
Dans un monde merveilleux
Où règnera l'Amour
Où règnera la paix
Sous tous les toits.

 

 

 

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Ce vent léger qui te frôle
Ce vent qui te secoue
La cravate au cou
Ce vent qui ratisse
Ce vent qui balaie
Qui balance les rameaux
Qui berce les souvenances
Ce vent qui légèrement mugit
Qui doucement murmure
Ce vent qui soulève
Insidieusement les soucis
Ce vent qui ressuscite les jours happés
Pour toujours par le temps
Ce vent qui évoque l'enfance
À jamais engloutie
Par les ans
Ce vent léger qui te frôle
O passant
C'est un peu de toi qui s'effrite
C'est un peu
De toi qui
Peu à peu s'amenuise
Peu à peu s'en va.