<center>
<a href="http://www.imingo.net" target=_top>
<img src="http://www.imingo.com/services/compteur/icptsp.php?id=Sorrenteantho"
 name="imingo.com" border="0" alt="un compteur pour votre site"></a>
</center>

DOMINIQUE SORRENTE

 

 

 

Une photo qui ne signifie en rien que chez ce poète il y aurait à boire et à manger...

 

NOTE BIO DÉGRADABLE

 

 

Naissance : Milieu de nulle part, au milieu du dernier siècle

Décès : mention à compléter à convenancemais sans précipitation intempestive

Enfance figue et marron, olympienne et sablonneuse, bon élève en général mais renvoyé

un jour de l’Ecole pour cause de poésie ; ne s’en est jamais vraiment remis.

Adolescence : tout à signaler

Âge adulte : à partir de 1978 ( parution de Citadelles et Mers-Sud), commence la poursuite à épisodes des poèmes de la maturité qui ne cesseront depuis d’être déplacés au lendemain.

Une étagère de carnets gribouillés, des publications en veux-tu en voilà, une vingtaine de livres: la quête est loin d’être épuisée tandis que le public semble l’être parfois. 

 

 

En 2009,  fait notable : quitte après vingt ans son poste de Professeur en Culture et Sciences humaines à l’École Supérieure de Commerce de Marseille pour se consacrer en priorité à sa vie de poète sans majuscules. Prêt à de nouvelles aventures, vous en dira des nouvelles…

 

 

Pour une meilleure maîtrise du mode d’emploi, consultez sur internet la wikipedia page Dominique Sorrente, offrez-vous un séjour dans la baie de Naples ou appelez SOS Poésie Scriptorium (http://lescriptoriumamarseille.hautetfort.com) .

 

 

La cause de ce poète étant désespérée, elle finira bien par cesser d’être grave…

 

 

 

 

« …la poésie de Sorrente dresse la figure du désordre qui sauve, et qui sauve de l’enfermement, qui choisit au contraire de privilégier l’ouverture, le discontinu, l’inattendu, l’inchoatif, parfois l’insouciance, l’humour, comme autant de réponses impertinentes aux voix compassées et sinistres de la mélancolie.

C’est sa manière de dire non aux forces négatives. L’image oppose à la lourdeur morose d’un temps, sans doute illusoire, sa légèreté iconoclaste… »

 

Jean-Marie Barnaud

 

 

 

 

( Site internet www.remue.net )

 

Voilà un poète qui défend l'utilité des bulles de savon et qui aime "les yeux qui demandent ce qu'ils savent déjà". "Légèreté iconoclaste" : oui. Et elle est bien venue cette légèrenté-là chez ce poète qui boit comme il écrit et qui sait que les vraies réponses sont celles qui savent perdre leur temps. Il y a chez Dominique Sorrente une stratégie du détour qui force le respect car le paradoxe, chez lui, n'est jamais innocent : il ouvre les voies, contre les poncifs aveuglants, vers un ici toujours recommencé.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                   DERRIÈRE LES VOLETS GRIS

 

 

 

 

 

Autrefois, la terre était la terre qui emporte tout sur son passage, et la terre passait.

 

 

Demain, si proche, n’est-ce pas la terre, elle-même, qui est emportée ?

 

 

Je voudrais ici sur parole ne pas être cru.

                                  

 

 

                                                           *

 

 

Et sur parole encore.

 

 

Les vraies questions : celles qui s’ouvrent à la lumière et glissent sous la porte, au matin.

 

 

Les vraies réponses : celles qui savent dans un fossé du soir perdre leur temps.

 

 

 

 

 

 

                                                         *

 

 

Je plaide pour des utilités sans gloire et sans armure, celle des bulles de savon, par exemple.

 

 

Elles, du moins,  ont l’art de s’envoler en demandant : quelle est l’utilité de vos utilités ? Et il n’est pas  nécessaire de chercher à les retenir.

 

 

 

 

                                                          *

 

 

Sur la fenêtre, une déesse à la cognée.

 

 

Sa mémoire a fermé les portes à double tour, pour s’endormir dans la fontaine.

 

 

Là, je bois comme j’écris.

 

 

D’une gorgée à l’autre, remontant vers le signe d’abondance,

sous le paraphe des orangers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monde : tu peux l’appeler ainsi sous l’acacia qui dure. Il est fait d’étoiles filantes

et de mousses, de fourmis  et d’anges gardiens, de rues ouvrant sur des fleuves,

de limites et de franchissements.

 

 

Une partition qui se donne à portée du premier regard innocent venu.

 

 

 

 

                                                   *

 

 

 

J’aime les yeux qui demandent ce qu’ils savent déjà.

Comme une promesse faisant retour.

 

 

                                                     

 

 

                                                   *

 

 

Cette limite inconnue qui nous raconte, jour après jour.

 

 

Ce chant lacunaire où nous tentons des bribes, avec nos gorges

d’assoiffés.

 

 

                                                    *

 

 

Dommage parfois de ne pas savoir saluer à sa juste valeur d’oiseau divin

un geste de sportivité au milieu des roses.

 

 

Comme refermer en plein soleil les volets gris pour libérer le paysage.

 

 

 

 

 

                                                                       Dominique Sorrente

                                                           ( extraits de Héros sans histoire, inédit )