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Muriel Verstichel

 

 

HPIM0723

 

Muriel Verstichel est née à Lille, poète et animatrice pastorale, elle partage son temps entre le Nord/Pas-de-Calais, Paris et Sainte-Marguerite Lafigère, son fief en Ardèches.

 

 Elle anime des ateliers d’écriture poétique et des lectures-spectacles. Elle travaille au sein de nombreuses associations de lutte contre l’illettrisme notamment Le cahier à l’envers qui a pour but d’initier à la poésie, de la diffuser et de la partager avec le plus grand nombre.

 

 Elle participe au Comité de rédaction de la revue Hauteurs éditée par La Maison des auteurs du Hainaut dont elle est vice-présidente depuis 2006, au Comité culturel de la Maison de la poésie du Nord / Pas-de- Calais.

 

 A ce jour elle a publié plus d’une quinzaine de recueils.

 
 

En préparation, un livre d’artiste avec Sarah Wiame, « Du Simple Monde », poèmes écrits en résidence au Monastère de Saorge.

 

 

Elle travaille actuellement sur un recueil en hommage au peintre italien Giotto et prépare un essai consacré aux poètes chrétiens des premiers siècles.

 

C'est avec plaisir que le mécréant que je suis découvre la poésie de Muriel, ses accents mystiques et cette belle sincérité, cette générosité que l'on devine derrière chaque mot. A lire et à relire. 

 

 

 

 

Alcôve

 

 

Extrait inédit  de « Sub Rosa »

 

 

De là

je ne peux voir que le feuillage roux

où valse la lumière

 

Elle se retourne

se joue de mes yeux bandés

la brume attend derrière 

que je me lève

 

****

 

J’aperçois clairement les chiffres

leurs traits nus débraillent

la terre où je sommeille

 

Ma tête roule dans leur sens

entraîne avec elle

la couleur des anciens talus

où l’herbe fouillée

laissait apparaître des éclats de verre

des poussières de livres

de vieilles choses jetées là

dans l’acharnement des semences

 

****

 

La lumière secoue les branches

pendant que je vous écris

cette lettre qui reste ouverte

malgré les portes et les fenêtres décalées

 

 

J’ai la joue froide

collée à la pénombre des murs

ici par défaut

dans la perte d’une végétation

qui se passe des miroirs

 

Le jardin mélange lettres et nervures

dans l’obsession de mes gestes

à cueillir les tiges transparentes et fluides

 

****

 

 

 

Je me nourris de patience

entre deux battements de cils

les lèvres entrouvertes

où s’attardera Votre langue

pour ramener le mot vers sa source

 

****

 

 

 

 

Je rejoins Votre flanc amoureux

beau de sève et de sel

en rêvant de brise de voiles gonflées

de cabanes dans les arbres

d’échelles de bois tendues

sur les rapides des vies lointaines